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Une Vie en Plus par Dominique Simonnet

C’est un fabuleux cadeau que nous venons de recevoir : une vie en plus ! Quinze à vingt années de bonus, bientôt davantage, offertes aux populations des pays aisés de cette planète. Mieux : nous pouvons consommer ce supplément d’existence en bonne santé, et même en pleine forme.

Autant le dire avec solennité : c’est bien d’une révolution dont nous allons parler ici, une vraie, l’une de celles qui bouleversent durablement notre corps, nos comportements, notre manière de penser, mais aussi les équilibres de notre société, le futur de nos enfants et de leurs descendants. Un changement majeur dans notre histoire qui nous concerne tous, directement, quel que soit notre âge.

La révolution de la longévité a débuté sans que nous ayons vraiment conscience, au fil de ces dernières décennies, par adjonctions successives, une petite année par ici, une autre par là... Les avancées fulgurantes de la science et de la médecine maîtrisant des maladies jusque-là rebelles, les modifications sensibles de nos modes de vie et de notre alimentation, l’attention accrue portée à notre environnement… Tous ces progrès, difficiles à percevoir dans leur ensemble, ont eu pour premier effet d’allonger substantiellement notre espérance de vie. Il y a un siècle, celle d’un Français atteignait à peine 49 ans. Nous voilà arrivés en France à 84 ans pour les femmes, 77 ans pour les hommes. Ce ne sont que des moyennes. Et ce n’est pas fini. Nous continuons d’encaisser une année supplémentaire tous les quatre ans ! Faites les comptes, et vous regarderez d’un autre œil les bébés qui naissent aujourd’hui : un sur deux deviendra centenaire.

Ce n’est pas seulement notre vie qui se prolonge. C’est notre vitalité. Jusqu’à présent, notre existence était découpée en trois tranches : l’enfance (le temps du développement), l’âge adulte (le temps de l’activité), la vieillesse (le temps du déclin). Il y a peu, on avait ajouté l’adolescence, première période intermédiaire comme on dit de la chronologie égyptienne. Voici que l’on vient de découvrir une autre période de transition, un nouvel âge entre maturité et sénescence, de 60 à 75 ans : une seconde adolescence, peut-être aussi agitée que la précédente.

Ce nouvel âge a ses pionniers, les sexagénaires et les septuagénaires, dont certains, de leur voyage, nous rapportent d’étranges récits : « Surprise ! nous disent-ils. Nous ne nous sommes pas vieux ! Nous ne nous sentons même pas âgés ! ». Ils jouent de leur vigueur et se lovent dans leur insouciance retrouvée. Ainsi voit-on désormais des légions de touristes grisonnants sillonner la planète et jouir de leur retraite prolongée. Oisifs et rentiers. C’est l’âge d’or des seniors.

Bonne nouvelle pour l’individu, catastrophe pour la société. Car ces joyeux papys et mamies sont en train de pulvériser les fragiles équilibres sociaux et économiques établis entre générations et de provoquer une crise sans précédent. La longévité, ce beau cadeau, est une bombe à retardement. Elle est sur le point d’exploser… C’est cette révolution paradoxale, engagée sur trois fronts, que nous racontons dans Une Vie en Plus.

On le verra, les auteurs sont unanimes : oui, il est possible de concilier les aspirations individuelles et les contraintes de la collectivité. Oui, nous pouvons faire en sorte qu’au lieu de creuser de nouvelles inégalités, la longévité profite à tous, et participe au vrai progrès, celui du bonheur de l’homme. Encore faut-il le vouloir. C’est donc bien à une révolution fondamentale des esprits que nous appelons ici.

La longévité, pour quoi faire ? Pourquoi ce temps supplémentaire gagné entre deux néants ? A quoi bon repousser l’échéance ? Peut-être pour faire un ultime pied de nez à la nature ennemie que nous portons en nous, avant que de lui céder, toutes armes rendues. Peut-être pour gagner en sagesse, pour nous civiliser davantage (la route est encore longue). Ce cadeau-là en tout cas, il nous faudra lui donner un sens, et apprendre à le partager. C’est aussi un nouveau et beau défi lancé à la démocratie. Longue et bonne vie à chacun, et à tous.

Dominique Simonnet

octobre 11, 2005 | Permalink

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Commentaires

auriez vous un nom de fruit ou légumes qui pourraient soigner ou améliorer la vision, merci de votre réponse, codialement , d.lhande

Rédigé par : lhande | 3 nov 2005 23:10:32

choqué,atterré par les propos ce J de Rosnay sur France Inter!en particulier sur le travail et son temps prolongé.faut il que les intellectuels soient coupés d'une frange de la population constituée par les classes moyennes et les plus défavorisés pour ne pas voir ce que représente le travail pour ses masses laborieuses?La philosophie n'a pas sa place dans votre argumentaire:P Naville,Marcuse,A Touraine. Oui,le monde du travail est un monde alienan!Proposer des preceptes pour mieux vivre = augmenter le rendement de l'esclave productif?!
Quid du coût du travail après 65 ans?
Evaluation du stress et du prix induit par le travail et ses conditions d'exercices?

Allez donc visiter: des infirmières en structure hospitalière ,des profs et des bouchers à la chaîne dans les usines de poulets.

la vision macroscopique rendrait elle miope?
Nous on ne surf pas la vague de Biarritz mais la vague du désespoir.
Une réponse?
Cordialement

Rédigé par : gielata | 19 nov 2005 09:51:26

Bonjour, monsieur, je viens aussi d'entendre votre interview sur inter et j'aimerais vous faire part de mes commentaires:
Si la durée de vie de l'humain s'allonge et ceci tout en lui permettant d'être en bonne santé, pourquoi faut-il absolument que ce soient les entreprises qui en profitent? Il se trouve que vous avez abordé le thème de l'aménagement des temps et des conditions de travail (assez peu si je puis me permettre) mais pensez vous que la productivité et la nécessité devraient être considérées ? Je veux dire que de nos jours les 35 heures sont déjà 2 fois trop d'heures de travail pour les réels besoins de cette société (si bien évidemment on retire de nos considérations tout ce que l'on jette, car produit à tort ou n'ayant pas trouvé de débouchés sur le marché) le système productif français englobe seulement 6 à 7 millions de travailleurs (j'entend les agriculteurs et les ouvriers productifs) le reste sont des travailleurs de services 13 à 14 millions, des chômeurs environ 4 millions et des inactifs (seulement 36 millions) Pourquoi faudrait-il cautionner le fait que nous n'arriverons pas à payer des inactifs de plus? Je pense qu'une des réponses est que les entreprises manquent d'imagination et de courage (bien évidemment aussi de temps et de moyens) pour embaucher 3 personnes là ou une seule accepte de faire l'affaire. 3 personnes qui ne travailleraient que 18 heures, seraient payées un peu moins mais les gens se rendraient vite compte, si on leur faisaient confiance, qu'ils ne sont pas malheureux dans la réalité seulement dans l'esprit (cent ans qu'on leur rabache qu'ils sont en crise) et qu'ils n'ont pas besoin de tout ce que l'on essaye de leur vendre. Dès lors si l'on partage une tache à plusieurs le stress va diminuer, la communication et les rapports sociaux augmenter et tout le monde en profitera. Voilà, moi, je veux bien que vous viviez 120 ans mais je veux surtout que dans le temps qui vous est imparti vous y soyez heureux et que les gens autours de vous prennent conscience que les manipulations a fin de produire plus et de consommer plus sont destructrices. Je tiens à préciser que je ne pense pas qu'il faille arrêter de consommer, je pense qu'il faut le faire plus intelligemment, je ne pense que l'on nous manipule sciemment mais comme je l'ai dit avant par habitude et manque d'imagination, de vrai courage politique et que la fuite en avant permet de ne pas réfléchir. Enfin dernier point et je cesse de vous embêter, pensez vous qu'il faille vivre jusqu'à 120 ans en travaillant plus alors que l'on noie déjà les pays du tiers monde sous nos produits, nos abats, qu'on les empêchent de se développer localement et bien sur que leur espérance de vie est deux fois moindre?
Cordialement
Pascal

Rédigé par : Pascal | 19 nov 2005 11:33:29

A propos de voter intervention sur France Inter samedi 19 novembre

Je suis choquée de vos propos sur l'âge de la retraite. La vraie question, à mon avis, est la répartition des richesses, avec une réflexion à avoir sur "produire quoi et pour qui ?" Oui, le travail est fatigant, je ne me vois pas prof à 65 ans. Si le "progrès" permet de travailler moins, je pense qu'il faut répartir ce "moins" et non pas créer du chômage.
D'autre part, je suis intriguée par cette idée que "grâce à une bonne alimentation", notre vie va s'allonger. Notre alimentation est elle vraiment en train de s'améliorer ?
Les innombrables molécules chimiques qui nous empoisonnent sont elles prises en compte dans cette analyse ?
Et le stress au travail, est-il aussi pris en compte ?

Un esprit scientifique devrait être beaucoup plus circonspect dans ses conclusions, et prendre en compte davantage de paramètres avant de proposer des conclusions.
Françoise

Rédigé par : Zamuner | 20 nov 2005 12:26:51

importance du capital genetique bien inegalement distribue.
Consensus actuel pour eviter de raccourcir betement sa longevite en cas de deficit familial en Proteine C inhibiteur de la coagulation.
Un ou 2 verres de beaujolais nouveau et manger en couleurs est ce vraiment suffisant?
Merci et bonnes recherches a tous les 4

Rédigé par : michel | 23 nov 2005 08:05:49

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